Un chrétien devrait-il observer “la Fête des Mères”?

La Bible explique clairement que nous devons honorer nos parents à tout moment. Par exemple, dans Exode 20:12 et Éphésiens 6:1-3, ce devoir de chrétien est très clair. Dans le numéro 95 de nos “Updates”, nous avons expliqué que Jésus-Christ honorait continuellement Sa mère.

“Honorer” ou “se rappeler de” notre mère uniquement un jour par an, alors que vous oubliez de le faire dans la vie de tous les jours, serait, mal bien entendu. Le monde essaye de camoufler le fait qu’il n’honore pas toujours ses parents en consacrant un jour aux mères. Comme chrétiens, nous devons honorer nos parents à tout moment! Cela n’exclue pas qu’un chrétien puisse participer aux célébrations de la fête des mères.

Cependant, il apparaît clairement dans la Bible que nous ne devons pas apprendre les manières ou les coutumes religieuses des païens, en les pratiquant dans nos vies chrétiennes. (Deutéronome 12:29-32; Matthieu 15:7-9; II Corinthiens 6:14-17). L’Église a longtemps enseigné que nous ne devons pas observer les fêtes telles que la Noël, les Pâques, le Nouvel An ou la Saint-Valentin en raison de leur origine païenne et de l’adoption de ces jours par l’église catholique dans son culte religieux.

En parcourant l’histoire de la Fête des Mères, nous devons noter que de nombreux pays tels les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne et l’Australie célèbrent la Fête des mères le deuxième dimanche en mai (le 11 mai en 2003); l’Angleterre, pour sa part, célèbre la Fête des mères le quatrième dimanche du Carême (le 30 mars en 2003).

Les païens observaient une “fête des Mères” dans les temps anciens afin d’honorer leurs déesses. Cependant, le seul fait que les païens observaient cette fête n’empêche pas les chrétiens d’observer la Fête des mères aujourd’hui, à moins que l’on puisse démontrer clairement que nos pratiques actuelles sont en lien avec ces coutumes païennes.

L’Église Universelle de Dieu, sous Herbert W. Armstrong, avait, peut-être à l’insu de beaucoup, déconseillé pendant des années, d’observer la Fête des mères en Grande-Bretagne, car une liaison avait était clairement établie entre le culte païen et nos coutumes “modernes”. Récapitulons pour nos lecteurs l’histoire peu connue de la décision de l’Église à cet égard:

L’Église avait pris connaissance de l’histoire de la Fête des mères en Angleterre, en étudiant des documents s’y rapportant. Par exemple, l’Encyclopédie Britannique, l’édition 1959, précise:

“La Fête des mères, une fête dérivée du culte de la mère dans la Grèce antique. Le culte formel de la mère, composé de cérémonies à Cybèle, ou Rhéa, la grande Mère des dieux [sic], avait lieu dans les Ides de mars en Asie Mineure. Avec l’arrivée du christianisme cette pratique s’est transformée en culte de “la Sainte Mère l’Église,” la célébration avait lieu le dimanche de la Mi-carême, lorsque les enfants rentraient à la maison avec des cadeaux pour leurs parents, particulièrement pour leur mère.”

Cheri Sicard écrit dans “The History of Mother’s Day” (L’Histoire de la Fête des Mères):

“Les premières célébrations de la Fête des Mères peuvent être reliées aux fêtes printanières dans la Grèce Antique, honorant Rhéa, la Mère des Divinités. [Rhéa est la mère de Zeus. Elle est également la soeur de Cronus, qui fut identifié comme Baal dans la Bible]. Les Romains ont appelé leur version de cet événement le Hilaria, et ils ont célébré les Ides de Mars en faisant des offrandes dans le temple de Cybèle, la mère des dieux. Les premiers chrétiens ont célébré cette fête le quatrième . . . dimanche du Carême en l’honneur de la Vierge Marie, la Mère du Christ. Plus récemment, relativement parlant – dans l’Angleterre des années 1600 – cette fête fut étendue à toutes les mères avec « la Fête des mères», célébré le 4ème dimanche du Carême (la période de 40 jours avant Pâques). En plus d’aller à l’église en l’honneur de la Vierge Marie, les enfants revenaient de la ville avec des cadeaux, des fleurs, et des gâteaux spéciaux de la Fête des mères qui représentaient une part importante de cette célébration.”

Lors de la première célébration de la « Fête des mères » en Angleterre, les gens ont apporté les cadeaux à l’église où ils avaient été baptisés. Ils ont également apporté des cadeaux, tels que des gâteaux à leurs mères. Les gâteaux de la « Fête des mères » étaient communément appelés les “gâteaux de Simnel,” qui étaient alors ornés d’une image du Christ ou de Marie, pour montrer leur signification religieuse (Livre des Jours, Vol. 1, p. 337).

Beaucoup de documents précisent que le culte païen des mères déesses en Grèce et à Rome plus tard fut adopté par le christianisme, principalement en Angleterre afin d’incorporer ce paganisme et pour lui donner une couverture “chrétienne.” Le culte de la mère déesse romaine Cybèle est particulièrement intéressant dans ce contexte. L’Encyclopédie Britannique précise, sous la rubrique “la Grande Mère des dieux”:

“Bien que son culte ait parfois existé par lui-même, la forme finale du culte de la Grande Mère fut accompagné par le culte d’Attis. Le culte d’Attis n’a jamais existé indépendamment . . . Le festival annuel qui avait lieu à l’origine le 4 avril était l’évènement publique principal dans le culte de la grande Mère.” L’article continue en expliquant qu’un jour spécial a été mis de côté, “le 24 mars, dies sanguinis (le Jour du sang), un jour de deuil, de jeûne et d’abstinence, particulièrement sexuelle, commémorant ainsi la peine de la mère pour Attis [qui avait été tué].” Notre brochure, “Don’t Keep Christmas,” explique le culte d’Attis plus en détail. L’article mentionné ci-dessus poursuit avec la grande “importance” accordée au culte de Cybèle “dans l’histoire de la religion, pour son propre culte, comme à tous les autres cultes mystiques, qui ont rapidement formés un rival au christianisme et qui ont agit comme un tremplin pour lui.”

Comme nous l’avons déjà mentionné, ce jour s’est fait connaître en Angleterre comme “La Fête des mères” ou “le dimanche de la Mi-carême.” Il a premièrement été consacré au culte de “la Mère Marie,” et ensuite à “la Sainte Mère l’Église,” “la puissance spirituelle qui a donné la vie et les a protégés contre le mal,” tel que mentionné dans le document de référence. La coutume a commencé par dicter aux personnes de se rendre le jour du « dimanche des mères » à l’église où ils s’étaient fait baptisés Les gens sont allés à “l’Église” de leur paroisse, chargés d’offrandes. Graduellement, cette coutume a été pratiquée pour honorer nos vraies mères. Cependant, le concept religieux de ce jour s’est répandu partout.

En Angleterre, le Roi Henri III (1216-1239) instaura officiellement la première « Fête des mères » en mars, pour se rappeler de l’Église en tant que mère religieuse.

En se basant sur ce qui précède, l’Église Universelle de Dieu avait demandé à ses membres en Angleterre, ne pas célébrer la Fête des mères.

Aucune décision de ce type n’a pas été prise, à notre connaissance, concernant les autres pays. En étudiant l’histoire de la Fête des mères en Europe continentale, nous constatons qu’une Fête des mères y fut également observé pendant la Mi-carême. Plus tard, la Fête des Mères fut officiellement célébrée en Allemagne en 1923, le second dimanche de mai, apparemment suite aux célébrations de la Fête des mères aux États-Unis (qui avaient été introduite en Europe continentale par l’Armée du Salut) et à l’influence exercée par les fleuristes allemands. En 1933, le régime Nazi a fait de cette fête une journée fériée officielle en l’honneur de la mère “arienne.”

Dans son article, “Entre L’Idéologie et Le Commerce,” Isabella Marboe précise qu’en Autriche, les célébrations de “la Fête des Mères” en mai étaient liées à la tradition du culte de “la Mère Marie.” C’était plus particulièrement l’Église Catholique qui, selon Marboe [sic], a fortement soutenu l’établissement de la Fête des mères en Autriche. En 1926, Ignaz Seipel déclara dans son allocution de “la Fête des Mères”; “L’introduction d’une journée spéciale pour honorer notre mère semble être une nouveauté. Dans la croyance catholique il n’y a rien de neuf, car tous les jours qu’il a célébrés dans le culte de Marie étaient des jours où il honorait sa mère.”

L’Église Universelle de Dieu s’est rendu compte par le passé que cette ligne de conduite, qui avait été tracée en regard des célébrations de la Fête des mères en Angleterre, ne pouvait pas être appliquée pour les célébrations de la Fête des mères aux États-Unis, celle-ci étant considérée comme une “journée fériée séculaire d’origine relativement récente,” et non pas ” à caractère fondamentalement religieux aux États-Unis” (Lettre LO69, datée mai 1987).

La version officielle de l’histoire récente de l’établissement de la Fête des mères aux États-Unis est assez bien connue. Il est enseigné que Mlle Anna Jarvis (1864-1948) lança la Fête des mères, pour honorer sa mère qui était morte le 9 mai, 1905. Elle entreprit une campagne, qui a mené à une résolution, adoptée par le Congrès le 10 mai 1913, pour désigner le second dimanche de mai comme une fête nationale, “consacrée à la mémoire de la meilleure mère du monde – votre maman.” En 1914, le président Woodrow Wilson publia une déclaration, désignant le deuxième dimanche en mai comme la Fête des mères.

Cependant, l’histoire ne s’arrête pas là. En fait, Anna Jarvis n’était pas première, ni la seule, à avoir exprimé l’idée d’établir la Fête des mères aux États-Unis.

Par exemple, Julia Ward Howe avait parlé d’une journée spéciale pour les mères dès 1858. Elle l’avait observée dans une célébration privée spéciale en 1872. Howe est l’auteur de “l’hymne de bataille de la République.” Elle était affligée par la perte de nombreuses jeunes personnes qui avait été tuées pendant la guerre civile. Elle proposa de célébrer un Mother’s Day of Peace [la Fête des mères de la Paix]. En outre, elle avait fait au moins deux voyages prolongées en Europe entre 1843 et 1850. Pendant son dernier voyage, elle a passé presque un an à Rome. Dans la déclaration de la Fête des mères de Julia Ward Howe, il est écrit “Du coeur de la terre dévastée une voix monte avec la nôtre. Elle dit, «désarmez, désarmez»! . . . Laissez-les d’abord se rencontrer en tant que femmes pour pleurer et commémorer les morts.”

De plus, Ann Marie Reeves Jarvis, épouse d’un pasteur méthodiste et la mère d’Anna Jarvis, avait, elle aussi été affectée par la guerre civile. Elle proposa une célébration spéciale de la Fête des mères, qu’elle a appelée “Mother’s Friendship Day” (la journée de l’amitié dédiée aux mères), pour guérir les blessures et établir des rapprochements entre “les Bleus” et “les Gris.”

Anna Jarvis continua de défendre l’idée d’une journée spéciale en l’honneur des mères. Le 10 mai, 1907, elle a tenu un service commémoratif spécial pour sa mère (qui tel que mentionné plus haut, était morte en 1905). En 1910, la Virginie Occidentale est devenue le premier état à reconnaître la Fête des mères. À la conférence générale de l’Église Méthodiste-Épiscopale à Minneapolis, Minn., en 1912, un délégué d’une église locale présenta une résolution reconnaissant Anna Jarvis comme instigatrice de la Fête des mères. Il a également été suggéré à ce moment-là que le second dimanche de mai soit choisi pour l’observance de la Fête des mères.

Le lien avec la religion et le rôle qu’elle a joué dans l’établissement de la Fête des Mères aux États-Unis ne peut pas être nié. La Fête des mères célébrée aux Etats-Unis de nos jours provient de l’Église Méthodiste-Épiscopale, grâce aux efforts d’Anna Jarvis. Elle devait être observée un dimanche. Certains avaient proposé de l’observer n’importe quel dimanche (par exemple, Frank H. Hering de l’Indiana, qui est aussi appelé “le Père de la Fête des mères”), alors que d’autres proposaient de l’observer le deuxième dimanche de mai. Lors de la première journée commémorative officielle de l’église de la mère de Jarvis, le 10 mai, 1908, les cloches de l’église que sa mère fréquentait, et où elle faisait l’école du dimanche, sonnèrent 72 fois – puisque Anna Marie Reeves Jarvis avait 72 ans lorsqu’elle est morte.

Un an avant cet évènement, sa fille avait prêché un sermon dans l’église locale pour honorer sa mère. Elle avait fini le sermon que le prédicateur avait commencé. L’Église Méthodiste-Épiscopale Andrews de Grafton en Virginie Occidentale, est depuis identifiée comme “la Sainte Mère l’Église de la Fête des mères” aux États-Unis.

À Calgary, au Canada, George Kerby de l’Église Méthodiste Centrale a prononcé un sermon émouvant lors de la toute première Fête des mères dans ce territoire.

Les documents précisent également que la manière initiale d’observer la Fête des mères aux États-Unis était semblable à la manière dont elle était observée pendant le “Mothering Day” en Angleterre – incluant le fait d’aller à l’église où l’on a été baptisé – et c’est progressivement que, “d’autres sentiments ont été ajoutés.”

Ce pourrait être intéressant de noter que Anna Jarvis passa le reste de sa vie à essayer de défaire ce qu’elle avait fait. Mise en colère par la commercialisation, Jarvis intenta un procès en 1923 pour arrêter une célébration de la Fête des mères. Elle a été arrêtée plus tard pour avoir troublé la paix lorsqu’elle a appris que la War Mother’s Day Convention vendait les oeillets blancs – le symbole que Jarvis avait dédié aux mères – pour gagner d’argent. Elle dépensa la majeure partie de la fortune qu’elle avait héritée de sa mère pour combattre la fête qu’elle avait contribué à établir pour honorer sa mère. Elle a dit à un journaliste qu’elle regrettait d’avoir instauré la Fête des mères.

Dans cette longue section, nous avons essayé d’énoncer les faits, comme ils se sont présentés à nous. Nous estimons que la connaissance de ces faits est nécessaire pour prendre une décision individuelle, en toute conscience et personnelle – de célébrer ou pas – la Fête des mères. À la lumière des faits présentés ci-dessus ainsi que des faits additionnels qui pourraient venir à notre connaissance ou à la vôtre, soyez vigilants, vous devrez décider si la preuve est suffisante ou non pour établir un lien directe et immédiat entre les origines païennes, l’influence de l’église Catholique, et la façon dont nous célébrons la Fête des mères de nos jours- particulièrement aux États-Unis, au Canada et en Europe continentale. Nous devons souligner que, quoi qu’il arrive, les décisions personnelles que chaque chrétien doit prendre dans sa vie, doivent être basées sur sa foi personnelle et ses convictions, sachant que tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché (Romains 14:23).